Mardi poésie chez Lady Marianne

Publié le par covix

 

 

Lady Marianne..

 

 

 

Un poème qu'on aime, quelques mots si l'on veut,
Lady publie nos liens

OU

nouveau-avec un thème ! 

Monica Breiz nous propose

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Rivière, l'eau, et dérivés.

 

 " Le temps passe et nous laisse des traces d'immobilisme!

  Pour ce défi de Lady, il m'a laissé dans l'attentisme.

    D'une lueur venue éclairer l'horizon, 

   La folle aventure des mots que nous écrivons.

   Pour ce défi, donc, plonger dans les lueurs des mots de la poésie est comme la vérité au fond du puits, mais il arrive que le seau remonte son lot."

B.Cauvin

Pour ce mardi, j'ai choisi un poète Japonais.

 

Fleuve au matin.

 

La nuit stratifiée sur plusieurs couches se désagrège dans le désert

Emaillés des étendards de deuil flottent çà et là

Et tout proche le fleuve se met à resplendir d'un éclat un peu noir

D'un oratoire exposé aux quatre vents sort un flot continu de femmes enceintes

Laissant traîner derrière elles des chansons qui partent en fumée

Elles picorent comme des graines le matin oeil-de-chat

Toutefois lorsqu'une brassée d'herbes brunes file dans le ciel 

Elles raclent aussitôt leurs lèvres

Et des épines de leur cheville piétinant sans merci le dos des hommes

Leur corps entier   n'est plus qu'une chevelure terreuse lorsqu'elles se lancent à leur poursuite

Mais ensuite froidement la nausée des herbes rouges s'enflamme

Sur les murs glacés fleurissent en pointillés les taches de la lèpre

Et les résidus de la nuit suscitent d'arides tourbillons

Cependant que plus rarement   un liquide amniotique mêlé de sang

Humecte le gosier usé er rétréci des hommes

Sur le sable des villes abandonnées

Tôt ou tard les gris parapluies de ces messieurs s'aligneront telle une épidémie

Et que ce soit la chaussée d'un jour acide

Ou le lit d'un fleuve aux arbres effondrés de leurs yeux recouvrant tout

Les hommes à nouveau rêveront de fêtes

Mais au bout du compte les femmes enceintes jamais ne reviendront

Et plus stériles encore que les chevaux les vierges aux couleurs de noisettes

Le long d'un canal perdu dans les lointains du plein midi

Ne feront plus s'éloigner à tout jamais.

1961

Amazawa Taijirô

Poème extrait de 101 poèmes du japon d'aujourd'hui.

Ed. Philippe Picquier.

Amazawa Taijirô est né le 21 juillet 1936 à Tokyo.

 C'est un poète, traducteur et théoricien japonais de la littérature. Il étudie à l'Université de Tokyo en 1956 et poursuit ses études entre 1964 et 1966 à l'Université de Paris.

 Il enseigne la littérature française médiévale, notamment l'épopée du Graal et le cercle du Roi Arthur. C'est un passionné de la poésie médiévale qu'il traduit, Ruteboeuf, Chrétien de Troyes, Marie de France, etc.

  Amazawa reçut de nombreux prix et des récompenses pour son oeuvre.

 

Publié dans Défi, Lady, Poésie, Mardi

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gazou 14/05/2019 17:54

Merci pour la découvertz, je connais très peu la poésie japonaise

Renée 14/05/2019 15:17

Super idée de nous ouvrir a la poésie japonaise que l'n ne connait pas assez mais qui mérite le détours nul doute. Bises

Mamyvel 14/05/2019 15:07

Très original ce poème japonais, merci de la découverte. Bon mardi, bises

mamykool 14/05/2019 09:51

Un bon choix, une découverte, bon mardi !

LADY MARIANNE 14/05/2019 09:32

étonnant né à Tokyo et a étudié Rutebeuf--le Graal--
une belle découverte- bises-

ZAZA 14/05/2019 08:08

Une belle découverte, je ne connaissais pas, merci. Bises et bon mardi

missfujii. 14/05/2019 07:29

Pas très joyeux ce poème japonais

danièle 14/05/2019 07:21

Je ne suis pas vraiment une littéraire mais il me semble bien sombre ce poème ou alors je n'ai pas compris le sens.
bonne journée

colettedc 14/05/2019 04:02

Un bien joli choix,
Bises♥